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Réactions

Mardi 22 novembre 2005
8 novembre 2005

Banlieues, une autre politique, vite !

La France vit depuis plus de dix jours une situation grave et préoccupante. Nos banlieues se sont embrasées. Des milliers de voitures, des écoles, des gymnases… Sans distinction, biens publics et biens privés sont les cibles d’un vandalisme inégalé et d’une ampleur telle, que le premier ministre en arrive à faire appel aux réservistes pour espérer un retour au calme.

Drame humain, après la mort de deux jeunes, électrocutés alors qu’ils tentaient d’échapper aux forces de l’ordre. Drame social, pour des milliers de personnes qui voient le peu de biens qu’ils possèdent - leur voiture - partir en fumée. Drame d’une génération, socialement exclue, et dont le seul mode d’expression de la révolte et de la colère est la violence. En définitive, c’est à la crise de la République que nous sommes tous, et collectivement confrontés. L’échec d’une société qui a failli dans son idéal de vivre ensemble et de progrès social dans le cadre des valeurs de la République constitutive de l’Etat de droit.

Pour le Mouvement des Jeunes Socialistes, l’urgence et la priorité de l’action publique doivent être le rétablissement de l’Etat de droit. Cela nécessite la condamnation des actes de vandalisme commis et le retour au calme et à la paix dans nos quartiers. Leurs habitants sont les premières victimes de la crise sociale et économique que nous traversons. Le triptyque prévention, sanction, réparation doit être redéployé et mis au centre de toute action visant à rétablir l’ordre.

Mais le rétablissement de l’Etat de droit c’est aussi le respect des personnes, quelles qu’elles soient. Tout citoyen a droit au respect. Pour cela, Nicolas Sarkozy doit s’excuser. S’excuser, pour avoir traité de « racailles » toute une partie des jeunes de ces pays. S’excuser, même si l’acte était accidentel, pour la bombe lacrymogène qui a explosé au sein même d’une mosquée. S’excuser, enfin, pour avoir menti au sujet des conditions qui ont mené à la mort tragique de deux adolescents dans un transformateur électrique d’escalier et qu’il s’est empressé de traiter de « cambrioleurs » alors que l’enquête vient de démontrer que cette affirmation était fausse.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes demande donc au ministre de l’Intérieur de la République qu’il s’excuse ou  démissionne.

Au-delà des provocations d’un ministre pompier-pyromane, c’est la politique de la droite qui est en cause, solidaire de son ministre de l’Intérieur et tout entière rassemblée derrière une politique qui n’a eu pour seul objet depuis trois ans que de briser le pacte social et républicain. Pendant que la justice se fait à deux vitesses, pendant que les quartiers difficiles voient, années après années, geler l’ensemble de leurs financements destinés à la vie associative, aux politiques de prévention et d’éducation, après la suppression des emplois jeunes et le non respect des engagements budgétaires, la droite baisse les impôts des plus riches et privatise. Sa propre politique est une vision à courte vue, inefficace et dangereuse. Elle se résume à la répression quand elle ne fait pas appel à la régulation de l’ordre social par les imams comme le souhaite Nicolas Sarkozy. Depuis trois ans, l’Etat pénal et communautariste s’est substitué à l’Etat social et laïque. Nous en payons les frais.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes réclame le retour de la police de proximité que les citoyens des quartiers et que nombre de syndicats de police considèrent eux-même comme une nécessité. Le MJS réclame aussi le rétablissement des budgets consacrés à la vie associative et à la politique de la ville ainsi que la création de postes d’éducateurs spécialisés.

Nous pensons que l’attitude de Sarkozy est préméditée, la violence attisée par ses propres déclarations est un guet-apens visant ses propres intérêts électoraux. C’est à la mobilisation sociale et politique de porter la colère que provoque la droite par son traitement de la crise sociale, économique et démocratique que traverse notre pays. Jeunes lycéens, jeunes précaires, jeunes à casquettes stigmatisés et harcelés par les contrôles au faciès d’une police mise sous pression par une culture du résultat imposée par la droite, nous sommes tous des victimes de la politique de la droite et de la guerre à la jeunesse qu’elle mène.

Quand une nation en appelle à ses réservistes afin de réguler l’ordre social c’est qu’il n’y a plus d’ordre social !

En 1995, Chirac nous a vendu la fracture sociale, dix ans plus tard c’est la faillite sociale. En 2002, l’insécurité était la grande cause nationale de la droite, trois ans plus tard c’est la guérilla urbaine. Nous n’attendons rien de la droite, ni de son chef qui refuse toujours de se présenter devant un juge. Piètre exemple du respect de l’esprit des lois, qui n’est pas pour rien dans le discrédit de la République aux yeux de nombreux.

Les policiers qui sont en première ligne, les citoyens de ces quartiers, les jeunes, et plus largement l’ensemble des classes moyennes et défavorisées sont les premières victimes de la droite.

La droite brade notre avenir, par son comportement elle menace la République. Aujourd’hui, le combat doit être social et politique pour porter l’alternative et défendre le droit à l’avenir de toute une génération. L’alternative à la droite n’est plus une question partisane, elle est de l’ordre de l’intérêt général de la République.

Par fédération mjs 07
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Jeudi 1 décembre 2005
Ce genre de décision de la majorité qui gouverne notre pays est inquiétant car elle révéle l'état d'esprit de certains... Il faut se battre au quotidien pour que le devoir de mémoire qui doit être le notre envers les pays colonisés vive et soit respecté. A PArti de cet article chacun pourra se faire son opinion.




La France a bien eu un rôle positif outre-mer… selon la loi

L'Assemblée a rejeté un mardi la proposition socialiste d'abrogation d'un article controversé de la loi «portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés».

Par Jean Pierre Thibaudat
mardi 29 novembre 2005 (Liberation.fr - 19:06)



l'article 4 de la loi du 23 février, portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, n'est pas abrogé. Par 183 votes contre 94, les députés qui se sont précipités dans l'hémicycle à l'heure du vote mardi ont refusé d'examiner l'article unique de la proposition de loi proposée par les socialistes visant à l'abrogation du désormais fameux article 4. Une réglementation byzantine qui revient à un refus. Donc, selon la loi toujours en vigueur, «les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit».

Personne n'avait contesté la seconde partie de la phrase. Mais la première partie avait suscité la colère des historiens qui l'ont sortie des profondeurs du Journal Officiel. Alerté par cette mobilisation, le président algérien est monté vertement au créneau. Les socialistes, penauds, ont admis avoir manqué «de vigilance» (lire article dans «Libération» de mardi) comme l'a admis le président du groupe Jean-Marc Ayrault. Dans un geste de «main tendue» ils se disaient prêt à voter la version initiale de l'article proposée par le député Christian Kert selon laquelle les programmes scolaires accordaient «la place qu'elle mérite» à «l'histoire de la présence française outre-mer». Une formulation ouverte qui n'imposait rien aux historiens et laissait à l'histoire sa complexité.

Il n'en a rien été. Si mardi matin sur Europe 1, le député UMP Laurent Wauquier disait que, libre de son vote, il voterait l'abrogation de la loi, jugeant que «ce n'est pas aux politiques de se mêler de la façon dont on écrit l'histoire», quelque heures plus tard, obéissant à la discipline de groupe, il votait contre.

Ce fut une matinée de dupes. Etonnant moment de comédie, on a vu mardi des députés de droite comme de gauche jurer comme un seul homme que l'histoire ne saurait être écrite que par les historiens, que ce n'était pas là le rôle du Parlement, etc. Mais après ce superbe consensus, les conclusions étaient diamétralement opposées : les uns en concluaient qu'il fallait abroger la loi, les autres qu'il ne fallait surtout pas y toucher.

Au fil des heures, l'issue du vote étant prévisible, les débats loin de prendre de la hauteur sont parfois devenus graveleux. Quand un député de droite depuis sa place a jugé (ironiquement?) que le président algérien Bouteflika (qui avait dénoncé la référence faite au «rôle positif») hospitalisé à Paris pouvait profiter des bienfaits de la colonisation. Jean-Pierre Grand, député UMP de l'Hérault a lui, non seulement évoqué le «rôle positif» mais «l'œuvre humaniste de la France outre-mer»...

Par fédération mjs 07
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Mercredi 14 décembre 2005

Le Mouvement des jeunes Socialistes de l'Ardèche tient à affirmer leur indignation face aux propos de Monsieur Vaneste, député de la république, qui estime que l'homosexualité est socialement inférieeure à l'hétérosexualité.

Encore trop de gens souffrent physiquement ou moralement à cause de leur orientation sexuelle. Face à cela nous devons tous être vigileant et porter haut nos valeurs qui sont celles de la tolérance et du respect qui est dû à chacun.

Vous trouverez ci-après l'article du Monde qui retrace le procès de Monsieur Vaneste. En espérant que la justice se montre exemplaire face à de tels agissements.

 

Il évoque avec enthousiasme la remise des médailles de la fête des mères à la mairie de Tourcoing, plaide longuement en faveur de la nécessaire reconnaissance du "mérite" et affirme qu'une société libérale ne saurait se concevoir sans "règles morales communes". "Je reconnais bien volontiers que je défends une conception politique et sociale conservatrice", résume-t-il avec une certaine coquetterie. Mais surtout, il persiste et signe : oui, d'un point de vue moral, l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité, affirme Christian Vanneste, qui comparaissait, mardi 13 décembre, devant le tribunal correctionnel de Lille, pour injures homophobes.

 

 
Le 26 janvier, quelques semaines à peine après la promulgation de la loi réprimant les propos injurieux ou diffamatoires "en raison de l'orientation sexuelle", le député (UMP) du Nord avait déclaré à La Voix du Nord que l'homosexualité était une "menace pour la survie de l'humanité". "Je n'ai pas dit qu'elle était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité", déclarait alors M. Vanneste. Dix jours plus tard, il précisait dans Nord Eclair : "Je critique les comportements, je dis qu'ils sont inférieurs moralement."

Loin de se renier, le député, cité devant le tribunal par SOS-Homophobie, le Syndicat national des entreprises gaies (SNEG) et Act Up Paris, tient visiblement à convaincre les magistrats du bien-fondé de ses conceptions. "Nous parlons d'un problème qui touche le fondement même de l'humanité, explique cet ancien professeur de philosophie qui est aussi l'auteur de la loi contestée sur le rôle "positif" de la colonisation. Dans toutes les sociétés, on a écarté l'homosexualité et l'inceste. Je pense que l'homosexualité n'est pas innée mais qu'elle est acquise au niveau de l'adolescence et donc, qu'elle peut être rééduquée."

Pour les trois associations à l'origine du procès, les propos rapportés par les deux quotidiens tombent sous le coup de la loi du 30 décembre 2004, qui avait créé la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) et qui punit de six mois d'emprisonnement et de 22 500 euros d'amende les injures envers une "personne ou un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle". Christian Vanneste peut difficilement arguer qu'il ignore ce texte : lors du débat à l'Assemblée nationale, il s'y était opposé avec ferveur, déclarant déjà dans l'Hémicycle que l'homosexualité est une "menace pour la survie de l'humanité".

Jean-Luc Romero, conseiller régional (UMP) d'Ile-de-France et adhérent du RPR, puis de l'UMP, depuis 1978, se souvient fort bien de cette époque. "Pendant le débat sur le pacs, nous avions assisté à une déferlante de propos homophobes incroyables, raconte à la barre ce témoin cité par les trois associations homosexuelles. Au cours de l'un des défilés, certains manifestants avaient scandé : "les pédés au bûcher". Pendant la campagne présidentielle de 2002, Jacques Chirac avait donc promis une loi pénalisant les propos homophobes. Et après son élection, Nicole Guedj et moi, qui étions alors secrétaires nationaux de l'UMP, avions vu Jean-Pierre Raffarin pour lui demander de faire vite."

Face au tribunal, présidé par Karine Weppe, le conseiller régional de l'UMP ne cache ni sa déception ni sa désapprobation. "J'ai été très blessé par les déclarations de Christian Vanneste, ajoute M. Romero d'une voix blanche. Je suis né à Béthune et j'ai pensé à tous ces jeunes de 13 ou 15 ans qui sentent qu'ils sont homosexuels, qui vivent difficilement leur différence et qui entendent le député de leur circonscription tenir des propos pareils. Aujourd'hui, M. Vanneste nous dit qu'il ne visait pas les personnes mais les comportements. Mais, derrière les comportements, il y a des êtres humains. Quand on est un élu, on ne peut pas parler aussi légèrement."

Pour les avocats, la qualité de député de M. Vanneste, loin de l'excuser, aggrave son cas. "Vous êtes un élu, un professeur, vous connaissez parfaitement le poids des mots, a souligné Me Caroline Mécary, pour SOS-Homophobie. Il convient que les citoyens de notre Etat de droit sachent qu'on ne peut pas dire n'importe quoi." "Une fois que la loi est votée, vous devez, au nom de l'exemple donné à tous les citoyens, la respecter, même si vous l'avez combattue, a ajouté Me Jean-Bernard Geoffroy, conseil du SNEG. Tel est l'honneur d'un député : il s'incline devant le vote majoritaire."

Le ministère public, par la voix de Laurent de Caigny, a requis la condamnation de l'élu. Me Jean-Yves Leborgne, pour la défense, a plaidé la relaxe. Si le tribunal suit l'accusation, M. Vanneste sera le premier citoyen condamné sur le fondement de ce texte qu'il avait tant combattu dans l'Hémicycle.

Jugement le 24 janvier 2006.

Par fédération mjs 07
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