Mardi 22 novembre 2005
Le MJS d’aujourd’hui est le produit d’une histoire tumultueuse, faite de hauts et de bas, de conflits réguliers avec le Parti socialiste, de phases d’émancipation et de reprises en mains retracées brièvement ici. La force et le dynamisme du MJS sont étroitement liés à son statut vis-à-vis du PS. Cette année, le MJS fêtera les dix ans de son autonomie, une conquête récente, acceptée et intégrée par la direction du PS. Notre autonomie est un atout et une originalité parmi les mouvements politiques de jeunesse qu’il faut savoir préserver.

1905
Les différentes sensibilités socialistes et socialisantes présentes dans la société française décident de s’unifier. Le 23 avril 1905, le Congrès du Globe donne naissance à la Section Française de l’Internationale Ouvrière. Oubli volontaire ou impossibilité militante, aucune structure pour les jeunes n’est envisagée.

1912
Sous la pression de l’Internationale socialiste, une section rassemblant des jeunes et des étudiants est créée au sein de la SFIO. Pendant les années suivantes, les relations sont de plus en plus tendues. Les dirigeants de la SFIO décident de dissoudre à plusieurs reprises “les jeunesses socialistes”.

L’antimilitarisme militant de la section jeune se marie difficilement avec la participation de la SFIO au gouvernement d’Union Sacrée durant la Première Guerre mondiale.

1915
Fondation de l’Union Internationale des Organisations Socialistes de la Jeunesse.

1920
Depuis la Révolution d’octobre 1917 en Russie, les bolcheviks dirigés par Lenine s’ingénient à développer la révolution hors des frontières soviétiques. Lenine tente d’imposer son leadership sur la gauche européenne en lui assignant la ratification de 21 conditions avant de pouvoir adhérer à la Troisième Internationale qu’il vient de créer. La SFIO se scinde entre pro et anti. Malgré l’ardeur et les convictions de Léon Blum, la majorité des militants socialistes se laisse séduire par le discours léniniste. La Section Française de l’Internationale Communiste est crée. Seule une poignée de militants tente de préserver la SFIO. Les jeunesses socialistes rejoignent en nombre ce nouveau parti. Un comité pour l’autonomie des Jeunes Socialistes apparaît.

1928-1934
A peine un millier sur tout le territoire en 1928, les “Faucons Rouges”, appellation du MJS, sont 34 000 en 1934.

1935-1938
Les Jeunes Socialistes comptent jusqu’à 50 000 adhérents. Mais l’exercice du pouvoir en France par les socialistes complique rapidement les relations entre la SFIO et les Faucons Rouges. Refusant la pause de 1938, ne comprenant pas la non-intervention française dans le conflit espagnol, les Jeunesses socialistes s’en prennent au gouvernement de Léon Blum. La jeunesse socialiste est alors dissoute.

1939-1945
Sous l’égide de Daniel Mayer, la SFIO se reconstitue sous l’Occupation. Un embryon d’organisation jeunes réapparaît. De nombreux militants socialistes jeunes et plus anciens participent à la Résistance.

1947
Les socialistes, sortis renforcés de la Deuxième guerre mondiale, participent aux différents gouvernements de la IVème République. La guerre d’Indochine éclate. Les Jeunes socialistes s’opposent à la politique coloniale du gouvernement du socialiste Ramadier. Aux cris de “Plus un sou, plus un homme pour l’appareil militaire de la bourgeoisie”, les JS battent le pavé et engagent un bras de fer avec la SFIO. Cette dernière refuse de provoquer une crise gouvernementale sur cette question. Pris entre la menace gaulliste et le danger communiste, les socialistes sont prêts à fermer les yeux pour préserver le régime républicain. Le bureau national des JS, aux mains des trotskistes du Parti Communiste Internationaliste, est exclu de la SFIO. L’appareil est repris en main.

Reconstituées sous l’égide de Pierre Mauroy, les Jeunesses socialistes quittent le terrain politique pour s’investir dans des organisations de loisirs, d’activités culturelles et sportives. Les foyers Léo Lagrange crées en 1951 sont une émanation des Jeunesses Socialistes.

1954-1968
Les JS pâtissent des positions de la SFIO sur la guerre d’Algérie et de l’essouflement du parti et se délitent peu à peu. La plupart des jeunes partisans de l’indépendance de l’Algérie quittent la SFIO en 1958 pour rejoindre le Parti Socialiste Autonome crée par des opposants à la ligne de Guy Mollet.

Le champ syndical devient alors le lieu de prédilection d’engagement de la jeunesse. La “Grande UNEF” (Union Nationale des étudiants de France) rassemble toutes les sensibilités politiques et se politise de plus en plus. A l’image de la SFIO, les JS passent à côté de la “Révolte étudiante” de 1968.

1971
Au congrès d’Epinay, le nouveau Parti Socialiste reconstitue une fois de plus une organisation de jeunesse (JS) et une organisation étudiante (ES) afin de catalyser les multiples mobilisations étudiantes.

1975
Au congrès de Pau, les JS et les ES sont dissous par François Mitterrand. Le Mouvement de la Jeunesse Socialiste devient une simple courroie de transmission du PS dirigé par un secrétaire national désigné par le Premier secrétaire du PS. Tour à tour, se succéderont Edith Cresson, Alain Barrau, Jack Lang, Claude Bartolone, Jean-Marcel Bichat et Claude Fleutiaux. La mobilisation est totale en vue des élections présidentielles de 1981.

1981
Victoire des socialistes à l’élection présidentielle. François Mitterrand est Président de la République.

Dans les années 80
Les jeunes de gauche s’engagent à la périphérie des mouvements politiques, dans le syndicalisme étudiant ou les mouvements anti-racistes. Le MJS entame une longue période de déclin.

Début des années 90
La période de déchirements que traverse le PS frappe de plein fouet le MJS. Les conflits internes se multiplient et paralysent l’appareil. Le Congrès de Rennes en est l’apothéose. Les effectifs chutent. Le mouvement perd son caractère national pour se replier dans quelques départements plus ou moins actifs et souvent étroitement surveillés par les dirigeants socialistes locaux. On compte alors moins de 1000 adhérents en France.


1993-2003
LA CONQUÊTE DE L’AUTONOMIE


Le MJS se refonde en 1993 sur une volonté et un principe, l’autonomie. Autonomie de notre organisation et de notre fonctionnement par rapport au Parti socialiste. Autonomie de nos responsables qui sont élus, à chaque échelon, par nos adhérents. Autonomie de notre orientation politique qui est débattue et votée lors de notre congrès national. Cette autonomie a été la condition de notre développement.

Avril 1993
La direction du PS emmenée par Michel Rocard accorde l’autonomie politique au MJS et accepte le processus d’un congrès constituant du Mouvement des Jeunes Socialistes.

Novembre 1993
Congrès constituant du MJS en Avignon. Le mouvement se dote d’une orientation politique propre, d’un Bureau national et d’un président, Benoît Hamon. Pour le première fois, la totalité des instances dirigeantes du MJS (locales et nationales) ne sont plus désignées par le PS mais élues directement par les adhérents du MJS.

Décembre 1995
IIème congrès du MJS à Orléans. A l’issue de ce “congrès de la consolidation”, les délégués élisent Régis Juanico Président.

Février 1998
IIIème congrès du MJS, à Toulon, sur les terres du Front national. Après avoir débattu du rôle et des liens, de l’attitude et de l’expression de notre organisation lorsque les socialistes sont au pouvoir, les délégués élisent Hugues Nancy à la Présidence.

Décembre 1999
Retour sur l’histoire, les délégués venus de 80 départements se rassemblent à Tours pour le IVème Congrès national où trois motions sont soumises au vote des adhérents. Au terme du Congrès, Gwenegan Bui est élu Président.

Décembre 2001
Les délégués se retrouvent à Lille pour le Vème Congrès, un congrès de l’unité afin de préparer les échéances de 2002. Charlotte Brun est élue à la Présidence. C’est la première femme à accéder à la présidence du MJS, entourée d’un bureau national et d’un secrétariat national paritaires.

Printemps 2002
Alors que les socialistes voient leur leader détrôné par l’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle, des mobilisations spontanées s’organisent dans tout le pays pour crier le rejet de l’extrême droite. En quelques semaines, le MJS connaît la plus importante vague d’adhésion de sa courte histoire : près de 2000 nouveaux jeunes le rejoignent.

Décembre 2003
Les Jeunes Socialistes tiennent congrès à Lamoura, dans le Jura. David Lebon remplace Charlotte Brun à la présidence de l'organisation
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Mardi 22 novembre 2005
Des combats identitaires au service d'un projet

Pour la société du temps libéré

La réduction du temps de travail et le combat pour la société libérée est un combat du MJS depuis 1993. 'Travailler moins pour travailler tous'. Nous avons naturellement soutenu la loi de réduction du temps de travail. En 1998 et 1999, nous avons lancé des campagnes locales et nationales tout en participant au rapport de force pour que la RTT ne permette pas une fléxibilité accrue des horaires de travail.

Ainsi nous avons été à l'initiative avec d'autres organisations d'un 'collectif jeunes 35 heures' regroupant toutes les organisations de jeunesse politiques et syndicales, collectif qui a défendu des propositions d'amendements lors de la discussion du projet de la seconde loi à la rentrée 1999.

Pour une allocation autonomie

L'année 2001 a été rythmée par une grande campagne en faveur d'une allocation-jeune, en association avec de nombreuses organisations de jeunesse. Elle repose sur la conviction que chaque jeune doit avoir les moyens d'être autonome dans le choix de ses études, de son logement, de sa vie personelle... les affiches, les distributions massives de tracts et les nombreuses réunions publiques sur ce thème nous ont permis de sensibiliser les plus jeunes et nos ainés. Aussi cette proposition a-t-elle été reprise dans le projet des socialistes pour les élections de 2002 et continue d'être approfondie par les militants du MJS.

Contre toutes les discriminations

Le MJS porte depuis toujours le combat pour l'égalité des droits. Ainsi, après avoir soutenu le projet du CUS (contrat d'union sociale), nous avons combattu en première ligne pour le PACS (pacte civile de solidarité) et contre l'homophobie. Ce combat contre l'homophobie et pour l'égalité des droits des personnes, quelle que soit leur orientation sexuelle, se traduit concrètement tous les ans par notre participation massive à la 'Lesbian & Gay Pride'.

Le premier semestre 2000 fut marqué par une grande campagne nationale contre toutes les discriminations, racistes, sexistes, homophobes et liées au handicap. Cette campagne longue fut rythmée par de nombreux événements, nationaux et locaux. Ce fut l'occasion pour de nombreuses fédérations de collaborer avec des associations, des syndicats et même des institutions comme la CODAC (commission d'accès à la citoyenneté), la justice ou la police.
Dès 1998, nous menons la campagne pour le droit de vote des étrangers. Avec le collectif 'Même sol : mêmes droits, même voix', nous recueillons des dizaines de milliers de signatures et participons à de nombreux événements, notamment au printemps 2000, autour du vote à l'Assemblée Nationale d'une proposition de loi constitutionnelle. Nous prenons également part à la 'votation citoyenne' organisée début décembre 2002 à l'appel d'une quarantaine d'associations et visant à faire reconnaître le droit de vote des étrangers.


Des combats fondateurs contre la droite

Contre les essais nucléaires

En 1995, au lendemain de la première élection de Chirac à la présidence de la République, nous menons campagne contre sa première décision : la reprise des essais nucléaires ! Avec notre campagne 'La honte', reprenant l'affiche du film 'La haine', nous dénonçons cette décision qui a mis la France au ban des Nations pendant de longs mois.

Contre une éducation au rabais

Que ce soit hier ou aujourd'hui, le MJS s'est toujours mobilisé contre la droite, si prompte à remettre en cause un système éducatif accessible au plus grand nombre et de qualité. Ainsi, le MJS se mobilise en 1994 contre la tentative d'aggravation de la loi Falloux par Balladur. Il participe à la grande manifestation du 16 janvier 1994 à Paris (plus d'un million de personnes dans les rues, plus de 2000 militants dans le cortège MJS) et lance une campagne nationale avec l'affiche 'les Arnaqueurs' accompagnée de milliers de tracts. Le MJS diffuse une parodie du 'questionnaire Balladur', symbole de son mépris pour la jeunesse.
Et aujourd'hui encore, face à la suppression de postes et à la baisse des crédits de l'Education nationale, nous nous mobilisons pour réclamer une éducation de qualité.

Contre les SMIC jeune

En 1994, les jeunes socialistes se mobilisent contre le CIP (contrat d'insertion professionnelle, le fameux 'smic-jeune', toujours sous Balladur), dans les nombreuses manifestations locales et nationales. Nous sommes à l'initiative de nombreux collectifs unitaires contre la précarité et l'exploitation des jeunes ou futurs salariés. Tracts, affiches et réunions publiques rythment notre mobilisation.

Huit ans après, nous sommes toujours là pour dénoncer les pièges du 'contrat jeune' de Raffarin. La campagne 'Silence ! La droite s'occupe de toi' dénonce dès octobre 2002 la politique de la droite à l'encontre des jeunes.

Contre les lois sécuritaires

Sarkozy a eu des prédécesseurs : en 1994, nous nous mobilisons contre les lois Pasqua-Debré (code de la nationalité, vidéo-surveillance, contrôle au faciès, sans-papiers...). De 1994 à 1997, le MJS participe à toutes les manifestations de soutien et distribue plus de 200 000 tracts. Dès la rentrée 2002 et jusqu'à la discussion du projet de loi sur la sécurité intérieure de Sarkozy, nous menons campagne et participons aux différentes manifestations et aux collectifs demandant le retrait de cette loi sécuritaire. La pétition lancée par le MJS pour demander le retrait de ce projet recueille plus de 15000 signatures en trois semaines.

Contre le MEDEF

En 2001, alors que le MEDEF devient en France le seul mouvement de droite crédible, nous lançons une campagne destinée à combattre ses propositions porteuses de régression sociale. Les tracts et les affiches représentent le baron Ernest-Antoine Seillière, patron des patrons, affublé de cornes de diable et affirmant que notre sueur l'intéresse. Prétexte à la dérision, mais aussi à la formation, la campagne sera menée alors que le MEDEF annonce les principaux axes de son projet de refondation sociale. Axes que la droite aujourd'hui applique et que nous dénonçons à travers notre campagne sur l'emploi des jeunes 'Pour trouver un job, tu peux te gratter !'.

Combattifs face à l'extrême droite

Contre l'extrême droite, face aux discours de haine, face au racisme et à l'intolérance, le MJS s'est toujours mobilisé.

Contre l'extrême-droite dans les municipalités

Depuis 1995, dans les villes gérées par le FN ou des élus proches, nous avons participé aux collectifs unitaires pour mener la bataille des consciences. Des initiatives, comme les relais de la citoyenneté, ont su créer des moments importants et mobilisateurs. Les jeunes socialistes appellent à l'unité de la gauche face à l'extrême droite et prennent part à la bataille victorieuse qui permet à la gauche de réconquérir Vitrolles en octobre 2002.

Manif monstre à Strasbourg

En mars 97, lors de la tenue du congrès du FN dans cette ville, les Jeunes Socialistes se mobilisent en masse, de toute la France. Notre cortège, le plus important depuis 1993, fort en musique et en couleurs est fortement remarqué.

Contre les alliances de la honte

En mars 1998, les jeunes socialistes sont à l'initiative ou participent à de nombreuses manifestations contre les alliances droite / extrême droite lors des élections à la présidence des régions. Les CCR (comité de coordination régional) et les fédérations organisent le harcèlement des élus de droite. De nombreux collectifs se mettent en place et dans le Rhône, leur action contribue à pousser Charles Millon à la démission de la présidence de la région Rhône-Alpes.
A la rentrée scolaire 98, nous lançons une campagne nationale contre les alliances, 'FNteNIC'.
En septembre 1999, grâce à un travail de l'ensemble du MJS, nous publions le livre noir 'Droite, extrême droite, les amitiés particulières', diffusé à plus de 5000 exemplaires et téléchargé massivement sur le site internet du MJS. Son actualisation en 2003 participera de notre lutte contre l'extrême droite.

Contre Le Pen

Le 21 avril 2002 au soir, les jeunes socialistes, abattus par l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle, crient leur indignation et organisent la mobilisation. Les manifestations se succèdent, dans toutes les villes, avec à chaque fois une présence accrue du MJS, renforcé par de nombreux jeunes qui nous rejoignent. Le 1er mai, à quelques jours du second tour, la mobilisation est totale. A Paris comme dans de nombreuses grandes villes, le cortège du MJS rassemble des milliers de jeunes...

Développer notre organisation

Après la refondation du MJS, sa consolidation, l'augmentation du nombre de nos fédérations et de nos militants, nous avons l'ambition de développer notre présence sur tous les territoires et sur tous les lieux de vie (lycées, universités, quartiers...). Cette volonté se traduit par la création constante de nouveaux espaces au sein du MJS mais aussi de nouveaux moyens et modes de militantisme.

Débattre et se former

Réfléchir, se former, débattre, confronter, décider ensemble, ce sont la méthode et l'ambition du MJS. Nous tenons des Conventions nationales, qui réunissent quelques centaines de délégués pour débattre de sujets précis et approfondir nos prises de position. Fortes de leur succès, ces conventions se sont multipliées et territorialisées en 2000 et 2001 sous la forme de commissions fédérales et de séminaires inter-régionaux. C'est aussi le rôle des commissions nationales et fédérales ou des séminaires inter-régionaux de formation initiés en avril-mai 2000.

Une cinquantaine d'adhérents du MJS participent également chaque année à l'université permanente, lieu de formation pratique et historique.
L'université d'été qui se tient tous les ans à La Rochelle permet de commencer une année de militantisme par un moment de formation et de réflexion. Elle est aussi un lieu de rencontre et de confrontation amicale avec nos aînés.

Enfin, la mise en place depuis septembre 2002 de grands débats thématiques dans les fédérations et dont la synthèse est faite à l'occasion des conseils nationaux permet à la fois de débattre collectivement sur les évolutions de notre société comme sur les raisons de notre défaite du 21 avril 2002, de se former sur de nouvelles thématiques et de faire avancer l'orientation du MJS.

Un militantisme divers

Nous avons développé depuis quelques années des outils nombreux et variés pour permettre à chacun de militer. Les tracts et affiches sont nos classiques modes de militantisme. Mais il existe bien entendu de multiples façons de les utiliser en fonction notamment des lieux de diffusion : lycées, universités, villes ou zones rurales, quartiers populaires. Nous privilégions l'organisation de petites réunions ou les discussions sont quelques fois plus efficaces que des tracts : cafés-débat, pique-nique citoyens, tenue de table, porte à porte...

Les campagnes peuvent être menées sur une journée de mobilisation (le 18 joint, journée de l'Europe), sur une semaine d'action (contre le FN, sur l'Algérie...) ou bien sur plusieurs mois comme la campagne contre toutes les discriminations de mars à juin 2000 ou celle sur l'autonomie des jeunes. Une campagne peut aussi se faire en partenariat avec d'autres organisations : le MJS a été par exemple à l'initiative des 'comités jeune pour le Kosovo' ou de la mobilisation face à l'arrivée au pouvoir en Autriche d'une coalition entre les conservateurs et l'extrême droite. En 2002, que ce soit dans les collectifs unitaires contre l'extrême droite, contre la loi Sarkozy de sécurité intérieure, contre la guerre en Irak ou pour le droit de vote des étrangers, le MJS a été de tous les combats.

Des outils pour militer

Depuis 1998, le 'Temps des Conquêtes' est le magazine bimestriel d'actualité du MJS. Envoyé aux adhérents mais destiné aussi à faire connaître le MJS à l'extérieur, il est un vecteur important de diffusion de nos prises de position, de notre orientation.

Le site internet du MJS, ouvert depuis 1999, en est aujourd'hui à sa cinquième version afin d'offrir toujours plus d'outils militants et d'informations. Complété par des listes de diffusion à destination des adhérents et des sympathisants ou par des listes de diffusion thématiques, il permet ainsi de relayer fortement par des campagnes internet nos idées et nos campagnes.
Par ailleurs, outre les campagnes départementales, de nombreuses campagnes nationales s'inscrivant dans l'actualité sont proposées et menées dans les départements.

Des batailles électorales aux côtés des socialistes

Alliant autonomie et responsabilité, nous soutenons nos camarades socialistes lors des élections nationales et locales. Préparant toujours chaque échéance d'une réflexion sur le 'pourquoi faire', le MJS propose à chaque fois un projet aux candidats et notre engagement lors des campagnes a toujours fait preuve de dynamisme et d'originalité.

Le MJS a pris une part active à la campagne présidentielle de Lionel Jospin de 1995, première campagne pour la génération fondatrice, première campagne fondatrice d'une génération.

Le MJS était également totalement mobilisé lors de la campagne législative des socialistes en 1997 : distributions de tracts, collages d'affiches, présence dans les réunions publiques locales, animation de débats publics' pour réussir au bout d'un mois de campagne à renverser la plus grande majorité parlementaire de droite que la France ait jamais connue.
En 1998, ce fut le combat des régionales et des cantonales. Cette campagne fut notamment marquée par des mobilisations originales comme des caravanes du MJS qui ont tourné pendant un mois dans de nombreuses régions pour mobiliser et convaincre nos concitoyens.

En juin 1999, nous étions repartis en campagne pour les élections européennes, avec la conviction de faire passer notre message pour une Europe plus démocratique et sociale, une Europe fédérale.

2002 aura été paradoxale. Engagés de toutes nos forces derrière Lionel Jospin, en charge de la campagne jeune, animateurs là encore des meetings ou de réunions locales, multipliant les diffusions de tracts, les collages, les porte à porte, pourfendeurs de la droite et de Chirac avec notre campagne 'le maillon faible' et de nombreuses autres, nous en sommes réduits, préférant les valeurs de la démocratie à celles de la haine et de l'intolérance, à appeller à voter Chirac au second tour des présidentielles. Ce qui nous donnera d'autant plus de forces pour être à nouveau, et parfois un peu seuls, aux côtés des socialistes dans la bataille des législatives pour crier 'Debout... à gauche !'

Que l'on perde, comme en 1995 ou en 2002, ou que l'on gagne, comme en juin 1997, une campagne électorale constitue toujours une expérience riche d'enseignements, car elle permet de mettre nos convictions à l'épreuve des attentes réelles de nos concitoyens. Elle est une étape indispensable vers ce qui est l'aboutissement de l'engagement d'un jeune socialiste : transformer la société !
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Mardi 22 novembre 2005

NOS ENGAGEMENTS


De sauvageons en accros de la télé réalité, de jeunes drogués en privilégiés abstentionnistes, la jeunesse est de plus en plus stigmatisée en ce qu’elle représente. Un fossé générationnel semble se creuser au sein de la population. Les jeunes sont l’objet d’un malentendu parce que mal entendus et mal compris par la société qui n’arrive pas à les intégrer. Et pourtant notre génération est sans doute celle qui a payé le plus lourd tribut à la crise. C’est une génération qui a perdu les repères dont disposaient ses parents. Les familles se recomposent, le nombre d’employés dépasse celui des ouvriers, traduisant une modification profonde du monde du travail. La mondialisation culturelle brouille les repères. C’est une génération qui a subi lourdement les effets du chômage de masse, voyant les protections mises en place après la guerre fragilisée.

De plus un risque existe de voir un conflit de générations se reformer. Les jeunes devenus minoritaires peuvent voir leurs préoccupations reléguées au deuxième rang des préoccupations politiques. Ce fossé générationnel traverse l’ensemble de la société : le politique et le syndical ont fermé la porte de leur renouvellement, les entreprises privées ne proposent que des solutions au rabais qui renvoient les jeunes vers la précarité… Une société qui oublie de prendre en compte l’une de ses composantes l’enferme dans une logique individualiste, lui apprenant à ne compter que sur elle même.

Certains l’ont d’ailleurs compris, ne voyant dans les jeunes qu’un concept commercial, une cible à atteindre. Le modèle de réussite est alors le modèle proposé par le libéralisme et la société de marché. La droite au gouvernement depuis le 21 avril 2002 nous propose un modèle de société construit sur cette base. Elle organise le repli sécuritaire, désignant les plus fragiles comme des délinquants. Elle propose les contrats jeunes qui inversent la file d’attente à l’ANPE en faveur de jeunes qui ne pourront jamais acquérir la formation nécessaire à leur avenir. Elle attaque le dispositif emplois-jeunes, qui en répondant à des besoins en services non marchands participent au tissage du lien social. Elle brade l’Education Nationale et remet en cause ses missions républicaines indispensables à la formation des citoyens. Elle baisse les impôts des catégories les plus favorisées sans augmenter le pouvoir d’achat des précarisés. Elle rompt avec la logique de réduction du temps de travail et de la société du temps libéré au profit d’une soumission sans limite au libéralisme. Cette droite, c’est celle de l’individualisme, du repli sur soi, de la loi du plus fort. Cette société est au final celle de la violence, violence physique, mais surtout violence économique et sociale. C’est le seul modèle de développement que propose la mondialisation dans lequel la droite s’engouffre.

A l’inverse, l’idéal socialiste est que chacun puisse être libre, acteur de sa vie professionnelle, affective et sociale. Dans cet esprit nos orientations se déclinent autour de l’épanouissement de l’individu au sein d’une collectivité dans laquelle chacun a sa place dans le respect de l’autre et où l’égalité soit une réalité.


Le droit à l’avenir

A l’heure où la modernité signifie parfois le chacun pour soi et le sauve qui peut, l’apprentissage de la citoyenneté, l’émancipation des individus et la construction de la personne passent désormais par la formation. L’Ecole doit rester une priorité pour l’Etat, un service public accessible à chacun et de qualité. Cette école que nous voulons doit reposer sur le principe de laïcité afin de permettre aux enfants de se construire sur des principes universels pour avoir ensuite les moyens d’affirmer au sein de la société son opinion, de mieux comprendre et déchiffrer cette société pour s’y intégrer.

Le combat de l’Egalité

Notre mouvement combat ainsi toutes les discriminations. Malgré des progrès récents dans le domaine politique avec la parité, l’Egalité entre les hommes et les femmes est loin d’être une réalité. Elles sont toujours désavantagées tant dans leur vie professionnelle que dans la sphère privée.
Comment se satisfaire de la condition des jeunes femmes dans les cités ? Cette violence sociale n’est pas pratique courante qu’envers les femmes. Nombre de jeunes sont victimes de discriminations scandaleuses en raison de leur couleur de peau, de leur orientation sexuelle… Vivre ensemble, c’est respecter l’identité de chacun.

Vivre ensemble

Restaurer l’égalité devant les services publics, mettre en œuvre une réelle politique de développement local, désenclaver les cités, mener des politiques de logement ambitieuses, assurer la qualité de l’environnement sont les conditions nécessaires pour rendre aux citoyens le plein exercice de leurs droits dans les ghettos comme dans les zones rurales, pour mettre fin au sentiment d’insécurité. En effet, nous sommes convaincus que la question sociale est la clé de ce vivre ensemble.

De nouvelles conquêtes sociales

Les inégalités sont en lien avec le travail : entre ceux qui travaillent et ceux qui en sont exclus, les mieux formés et les précaires, ceux qui possèdent l‘outil de travail et les salariés. Le travail est encore une valeur structurante de notre société. Source d’épanouissement, de reconnaissance pour certains, d’asservissement pour les autres. Violences au travail, CDD, temps partiel non choisi, nouvelles flexibilités et menace sur les systèmes collectifs de protection sociale : la précarité gagne chaque jour un peu plus de terrain. Face à cette offensive libérale, les réponses ne peuvent être individuelles. Le sort de chacun est indissociable du sort commun.

Les mesures prises par le gouvernement Jospin ont permis des avancées majeures : mise en place des 35h, licenciements rendus plus difficiles, lutte contre le harcèlement, couverture maladie universelle… Mais le retour de la droite au pouvoir et le plan de régression sociale qu’elle organise depuis le 21 avril 2002 viennent renforcer nos inquiétudes.

Refuser un monde sans droits
Enfants de l’Europe mais aussi de la mondialisation, nous sommes convaincus que nos orientations ne peuvent s’inscrire qu’à l’échelle européenne et internationale. La mondialisation libérale des échanges, censée accroître la prospérité mondiale, ne fait qu’accentuer les inégalités au sein des pays riches et plus encore entre les pays. Il est nécessaire de donner les moyens aux institutions internationales de réguler les échanges et de garantir la paix. Sur notre continent, la spirale vertueuse de la construction européenne doit aussi être restaurée, spirale où les avancées concrètes donnent la priorité au politique et au social et participent à la création d’un sentiment d’appartenance, d’une citoyenneté active.


La perspective de cinq années de droite au pouvoir ne suffit pas à nous abattre. Les résultats des élections de 2002 nous ont déçus. Pourtant, nous, jeunes socialistes, refusons de croire que les jeunes sont dépolitisés. Ils expriment majoritairement leur engagement dans des actions concrètes et témoignent d’une réelle demande de politique au sens propre du terme, celui d’action pour la vie de la cité. Les manifestations contre l’extrême droite entre les deux tours des dernières présidentielles en ont été une illustration majeure. La faible traduction dans les urnes de ces mobilisations lors des législatives 2002 marquées par une très forte abstention nous montre le fossé existant et persistant entre une partie de la population, notamment les plus jeunes, et les partis politiques traditionnels. La confiance est aujourd’hui entamée. A nous de la restaurer. L’arrivée en nombre de nouveaux militants désireux de s’investir et notre capacité à réagir nous donnent de grands espoirs.

Loin de porter de simples aspirations catégorielles et ponctuelles, nous pensons que ces actions ont au contraire en germe un destin collectif et doivent trouver une traduction politique. Ces mobilisations incarnent l’espoir, encore faut-il les considérer. Nous sommes conscients que cette mobilisation est une force sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour affirmer notre refus des politiques libérales de la droite. Mais c’est aussi un levier de notre lutte contre l’extrême droite. La présence du leader du Front National au deuxième tour des élections présidentielles est la traduction du faible impact des actions que les collectifs de lutte contre l’extrême droite ont mené jusqu’à présent. Ce sont ainsi de nouveaux modes d’action qu’il nous revient de rechercher et d’expérimenter contre l’extrême droite.

Au delà de cette contestation, nous restons une vraie force de proposition, participant d’une manière plus générale aux réflexions de la Gauche. Même dans l’opposition, le socialisme doit donner un sens au progrès, construire un projet d’avenir porteur d’égalité et de nouveaux droits face aux assauts du capitalisme. La jeunesse est à même d’incarner un tel espoir dans sa quête d’un avenir meilleur. C’est à nous de proposer un projet politique dans lequel la jeunesse se reconnaîtra, non pas parce qu’elle est la seule catégorie de la population qui soit victime de l’injustice - ce n’est pas le cas - ni parce que nous pensons que l’avenir électoral des socialistes dépend en bonne partie de ses suffrages. Seul un projet qui prend en compte les aspirations des jeunes est un véritable projet d’avenir. La jeunesse est à même d’incarner un tel espoir dans sa quête d’un avenir meilleur.

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